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Critique d'album

All Them Witches


Dying Surfer Meets His Maker


(30/10/2015 - New West Records - Blues, stoner, psyché - Genre : Rock)
Produit par Mikey Allred

1- Call Me Star / 2- El Centro / 3- Dirt Preachers / 4- This Is Where It Falls Apart / 5- Mellowing / 6- Open Passageways / 7- Instrumental 2 (Welcome To The Caveman Future) / 8- Talisman / 9- Blood And Sand / Milk And Endless Waters
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Monts et merveilles au détour de sentiers mélancoliques"
Julien, le 23/03/2026
( mots)

Il ne s’agit pas ici de se placer en porte-à-faux avec la chronique livrée par Marc à la sortie de l’album, ni d’en contester la pertinence, bien au contraire. Mais dès lors qu’il est question de revisiter l’ensemble de la discographie de All Them Witches, faire l’impasse sur Dying Surfer Meets His Maker aurait laissé un goût d’inachevé. D’autant qu’au regard de ses qualités, un rappel ne saurait en aucun cas être superflu.
Parce que ce troisième opus des Américains impose une fluidité atmosphérique d’un charisme rare. Une singularité assumée, portée par des choix de composition qui, sur le papier, avaient tout pour dérouter plutôt que convaincre : près d’un tiers des pistes sont entièrement instrumentales, tandis que deux autres se contentent d’esquisser la voix de Charles Michael Parks Jr. Et pourtant, loin de s’y perdre, Dying Surfer Meets His Maker s’affirme comme une plongée introspective fascinante, une œuvre mystique, à part, dont la découverte s’impose d’elle-même.


Cet étrange nom donné au disque puiserait son origine dans un accident de surf du guitariste Ben McLeod, lequel aurait frôlé la noyade. Pourtant, plutôt que de s'immerger dans les abysses, l’album préfère tutoyer les sommets, prenant le temps de ne pas les dévoiler immédiatement pour mieux en savourer l’ascension.
Le départ est balisé en terrain familier avec "Dirt Preachers", érigé sur ces terres stoner que All Them Witches dompte de sa magie noire, entre riffs fracassants et ruptures malicieuses. C’est là notre seul véritable point de repère, même si, à l’autre extrémité du disque, le monumental "Blood And Sand / Milk And Endless Waters" renoue avec les versants explorés par les précédents opus, porté par une introduction aux arpèges électriques et une conclusion sculptée dans la lourdeur tribale de la batterie de Robby Staebler.
Avec l'instrumental "El Centro", l’ascension s’engage sur un sentier âpre, sinueux et volontairement étiré : une traversée initiatique dont chaque détour semble indispensable pour mériter les merveilles à venir. Ce passage obligé, presque rituel, nous mène au seuil de "This Is Where It Falls Apart", là où tout bascule. Le titre s'ouvre sur un blues crépusculaire incarné par un harmonica grandiose, avant que la guitare et le clavier ne tissent, touche après touche, le ciel nocturne qui couvrira la suite du voyage. "Call Me Star" laisse alors scintiller son aura chamanique, où la lourdeur de la batterie se mêle à la sensibilité habitée du chant de Parks, portée par des arpèges à la répétition obsédante. "Mellowing" impose ensuite une halte pour contempler ce paysage drapé de noir ; rare est la pièce instrumentale capable de marquer aussi superbement l’empreinte d’un album. C’est un véritable tour de force au contour magique. Ces intentions, à la fois grandioses et vulnérables, le groupe de Nashville les souligne davantage avec l’exceptionnel "Open Passageways", tissé dans une mélancolie impudique et porté par des lignes superbes, à l'image de ce déchirant "Chew up your love then swallow", avant qu'un violon inattendu ne vienne déverser ses larmes sur cette ode mélancolique.
Enfin, cette épopée trouve sa quête finale en "Talisman". Véritable clé de voûte de l'album, le morceau s'élance dans une montée en puissance solennelle, où la tension accumulée au fil du voyage semble chercher une issue. Puis, tout s'arrête : une rupture minimaliste suspend le temps, laissant l'auditeur seul face au vide, avant que n'éclate un solo final d'une intensité dévastatrice. Une ultime explosion électrique qui vient clore ce pèlerinage mystique en nous déposant, apaisés, au sommet de la montagne.


Tout n’est pas parfaitement aligné dans Dying Surfer Meets His Maker, et c’est précisément là que réside sa force, son authenticité. Quelques longueurs, ses détours parfois abrupts, ses silences plus nombreux que les mots sont autant de composantes qui façonnent cette œuvre profondément habitée qui refuse les évidences pour mieux suivre sa propre trajectoire. All Them Witches y prend des risques, notamment en reléguant le chant au second plan, mais trouve dans cette retenue une forme d’équilibre rare, qui vient renforcer cette sensation mystique qui imprègne chaque instant de l'album.
À défaut d’être irréprochable, l’album possède une âme, une véritable cohérence dans son cheminement, et surtout une atmosphère que peu de disques peuvent revendiquer. Une expérience singulière, exigeante mais sincère, qui mérite d’être découverte par tous ceux qui cherchent une musique pleinement incarnée.


 


A écouter : j'ai envie de vous répondre tout, mais s'il fallait en retenir quatre : "Mellowing" ; "Open Passageways" ; "Talisman" ; "Call Me Star".

Note de 4.0/5 pour cet album
"Une superbe fusion de genres authentiquement inclassable"
Marc, le 02/11/2015

On ne sait trop comment ni pourquoi, certains groupes arrivent à fusionner comme par magie leurs diverses influences tout en affirmant une identité qui leur est propre. All Them Witches en fait incontestablement partie. Un combo difficilement classable, issu de Nashville (Tennessee), grand centre de l'industrie du disque aux Etats-Unis et berceau de la musique country. Un lieu idéal pour se forger un son hybride qui va du blues au space rock, en passant par le rock psyché ou le hard rock avec quelques éléments de stoner et de rock celtique.

Tout aussi mystérieux que le titre de ce troisième album puisse paraître, Dying Surfer Meets His Maker emprunte la voie tracée dans les deux derniers opus du groupe avec quelque chose d'intangible en sus. Cette plongée semble à première vue moins périlleuse que les précédentes, plus structurée et riche d'instruments acoustiques. Avec cette nouvelle ouverture, les All Them Witches se permettent d'approfondir les parties calmes sans renier leurs tempétueuses sections de gros sons symbolisées par une batterie et une basse omniprésentes lorsque cela est nécessaire, le tout étant escorté par une guitare délivrant autant de réverbération que de fuzz ou de distorsion. Ce mélange élégant et sincère de heavy blues mélancolique au songwriting aventureux est ainsi matérialisé par une belle alchimie entre les fluides émotionnels ressentis et le contraste du poids sonique.

"Call Me Star" est l'amorce idéale pour entrer dans cette création à l'atmosphère immersive. Les arpèges de guitare et les couches éthérées de cette chanson à la Bon Iver concordent parfaitement avec la voix apaisante de Michael Park avant que "El Centro" nous embarque inexorablement dans un insondable voyage au centre de la terre. Un must instrumental, rythmiquement lourd, sombre et hypnotique, à trame répétitive. Près de 9 minutes avec des textures stoner rehaussées par une dynamique toujours changeante. Tel un roman de Jules Verne, Dying Surfer Meets His Maker est à la fois cosmique et terre à terre. Les racines rurales incarnées par le blues latent de All Them Witches se muent en une conscience musicale qui leur permet de prendre la fuite vers un plan astral. Pour preuves, le rock garage se transforme en un flot de guitare vaporeuse dans "Dirt Preachers", "This Is Where It Falls", avec un harmonica et une voix susurrée, sonne comme un morceau de Tricky façon bluesy, alors que "Open Passageways" est un mélange détonnant de pop, de claviers qui accompagnent un vibrant et douloureux refrain "Chew up your love then swallow", et de rock celtique à la Led Zeppelin. Une influence que l'on retrouve dans deux autres instrumentaux de l'album avec une guitare acoustique ("Mellowing") et un psyché-rock-bluesy doté d'une batterie en première ligne ("Instrumental 2"). Chaque membre de All Them Witches semble être essentiel à la construction de l'ensemble et délivre sa partition à la perfection, sans trop en faire. Les harmonies, la structure et la montée en puissance de "Talisman" avec un chant à la hauteur en témoignent avant que "Blood and Sand/Milk and Endless Waters", intro de guitare, batterie et basses puissantes, spoken word en voix psyché, ne vienne impressionner le tout dans un périple contraire à "El Centro". Tel un voyage de la terre à la lune...

Dying Surfer Meets His Maker est tout aussi poignant que rafraîchissant. Au-delà de ses composantes il en résulte une impression de fond et de forme qui en fait l'un des albums de cette année 2015. Tout genre confondu puisque All Them Witches est décidément et authentiquement inclassable.
 

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