
Ok Goodnight
stop/go
Produit par Ok Goodnight
1- No Sound / 2- 22 / 3- Top of the Bottom / 4- The Game / 5- Spiral / 6- Call Me Away / 7- The Show / 8- Humpty Dumpty ( / 9- The People / 10- Where I'm From


Révélé en 2023 grâce à un album-concept, The Fox & the Bird, déployant une étonnante palette de styles – tantôt paisibles, tantôt frénétiques –, Ok Goodnight s'imposait comme un groupe à suivre pour tout amateur de musiques aventureuses. Trois ans plus tard, voilà enfin le combo américain de retour aux affaires avec un nouvel opus intitulé stop/go, confirmant au passage que ce qui n'était au départ qu'un groupe formé à l'université a su se donner les moyens de s'inscrire dans la durée, même si l'on regrettera le départ du talentueux guitariste Martin Gonzalez.
Contrairement à son précédent album, qui misait sur une intensité crescendo, le désormais quatuor de Boston entre ici rapidement dans le vif du sujet avec un "No Sound" au groove revigorant, parvenant à se montrer accessible malgré une certaine complexité rythmique, jusqu'à un final explosif qui n'aura guère de mal à vous scotcher à votre fauteuil. Après ce démarrage fulgurant, le groupe mené par la chanteuse Casey Lee Williams maintient le cap et enchaîne les coups d'éclat, à commencer par le single "22", qui débute dans un registre pop-rock plutôt classique avant de laisser éclater un refrain aussi intelligent qu'imparable. Puis "Top of the Bottom" nous rallie définitivement à la cause du groupe grâce à l'explosivité de sa section rythmique typiquement djent, dont la densité crée un habile contraste avec un chant d'une clarté limpide. Le groupe impressionne également par sa capacité à changer de tonalité au sein d'un même morceau – comme sur le sombre et raffiné "The Game" – sans jamais perdre en pertinence mélodique. Un sens de la mélodie qui s'exprime pleinement sur l'entêtant "Spiral", lequel parvient systématiquement à nous mener là où on ne l'attend pas pour aboutir à un cocktail exquis de pop progressive d'une épatante richesse mélodique.
Casey Lee Williams semble par ailleurs avoir pleinement pris conscience de son potentiel vocal, dévoilant tout au long de l'album l'étendue de ses capacités sans jamais forcer le trait, faisant preuve d'une justesse constante et se révélant aussi à l'aise dans les passages épurés que dans les plus incisifs.
Après une telle première moitié d'album, il n'est guère étonnant de constater une légère baisse de régime sur la seconde, à l'image d'un "Humpty Dumpty (Some Body!)" un peu moins marquant malgré son caractère plus expérimental et son solo de saxophone inattendu. Il serait toutefois difficile d'en tenir rigueur aux Américains au vu de la qualité globale de stop/go. Le quatuor du Massachusetts semble d'ailleurs tenter d’essayer à de nouvelle choses sur cette fin d’album : le métissage jazz et urbain de "The People" qui évoquera une artiste comme Willow, tandis que "Where I'm From" conclut l'album tout en délicatesse dépouillée, dans un registre qui n'aurait pas fait tache du côté de Wolf Alice. C'est dire à quel point l’univers musical d'Ok Goodnight est vaste.
En recentrant son propos, Ok Goodnight parvient à se surpasser avec un troisième album plaisant de bout en bout, composé de plusieurs pépites de grande classe. Sans rien perdre de son audace créative, le groupe livre une musique plus homogène, mais aussi nettement plus aboutie, portée par une chanteuse qui semble désormais avoir pleinement pris la mesure de ses capacités. Une évolution qui confirme qu'Ok Goodnight n'est plus seulement une curiosité de la scène progressive, mais bien un groupe sur lequel il faudra désormais compter.
A écouter : "22", "Top of the Bottom", "The Game", "Spiral"




















