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Compte-rendu de concert

Hällas


Date : 13/03/2026
Salle : Machine du Moulin Rouge (Paris)
Première partie :

Les péripéties parisiennes de l'épopée du chevalier Hällas

François, le 17/03/2026
( mots)

Comme toute sous-culture, celle des musiques saturées repose sur un certain nombre de rituels parmi lesquels la célébration cyclique des sorties d'albums par des tournées promotionnelles est sûrement le plus fondamental. En toute logique, l'avènement de Panorama, quatrième album d'Hällas après quatre années de silence discographique, rendait nécessaire une nouvelle série de concerts en 2026 qui devait passer par la France où le groupe jouit d'une base de fans solide et investie. Celle-ci semble d'ailleurs s'être étoffée puisque La Machine du Moulin Rouge, qui accueille l'événement, était magnifiquement remplie, tant et si bien que d'autres dates dans l'Hexagone n'auraient pas été de trop pour satisfaire l'ensemble du public français. En outre, le choix de la salle témoigne d'une montée de gamme du combo suédois : la dernière fois que nous les avions vus, c'était au Rock'n'Eat à Lyon, un lieu que nous adorons pour sa nature underground et sa programmation, mais d'un tout autre standing

 

Ainsi, nous avons dû organiser un voyage jusqu'à Paris afin d'assister au seul concert d'Hällas célébrant la sortie de Panorama, un opus remarquable dont nous vous avons vanté les mérites sur Albumrock. C'est toujours un pari risqué de rejoindre la capitale en train depuis les Volcans d'Auvergne, sauf si l'on est prêt à partir avec suffisamment d'avance pour ne pas subir les conséquences d'un retard - et à flâner à Paris, en parcourant ses rues et ses musées, cette fois-ci sous la pluie, hélas... 

 

Hélas ? Hällas !

 

L'ouverture des portes est annoncée à 18h30, mais nous arrivons vers 19h pour assister à la première partie. Devant le Moulin Rouge, les foules se mêlent mais ne se rassemblent pas, entre les métalleux et les amateurs de French cancan, les touristes en représentation chaussées de Louboutin et les barbus ornés de vestes à patchs

 

Ces derniers seront aisément séduits par la première partie assurée par Earth Tongue, un duo néozélandais qui fait figure d'hybride entre Jefferson Airplane (ou Coven) et Black Sabbath (ou Trouble). Le groupe dispose de plusieurs qualités : les chants masculin (du batteur) et féminin (de la guitariste) s'accordent harmonieusement, l'ambiance ésotérique et psychédélique de leur interprétation du Doom reste efficace, les riffs sont bien trouvés et la qualité sonore du concert est remarquable pour une première partie. En revanche, le dispositif à deux musiciens trouve vite ses limites et les compositions s'avèrent un peu trop répétitives. Pour autant, Earth Tongue s'illustre comme une ouverture convaincante, dont la musique est propice à chauffer une salle de plus en plus énergique à mesure qu'elle se remplit. 

 

En effet, la fosse, les balcons et les escaliers se garnissent de mélomanes, alors que la scène est installée pour accueillir le show des cinq Suédois. Le décor est bien plus travaillé qu'à l'habitude, avec une belle tenture en fond, des stalagmites et une immense colonne à miroir évoquant un certain monolithe extra-terrestre. En outre, plusieurs musiciens disposent de lutherie électronique, preuve de la place prise par les claviers vintage (ou non) depuis Conundrum (2020). C'est dans ce cadre qu'Hällas monte sur scène, pavoisé de capes noires et de maquillage pailleté, pour prendre son public par surprise en se lançant sur un air de disco italien: tout le monde aura reconnu le premier mouvement d'"Above the Continuum", la longue pièce de vingt minutes qui ouvre Panorama et qui sera ici interprétée dans son entièreté. S'il était déjà ambitieux de commencer ainsi un album studio, cela l'est encore plus quand il s'agit de débuter un concert. Pourtant, la prestation impressionnante parvient à mobiliser le public sur cette note progressive, visiblement très heureux d'assister à une telle performance. 

 

De fait, le public semble avoir apprivoisé Panorama qui sera d'ailleurs revisité de long en large, puisque seront également joués le très puissant "The Emissary", le tube définitivement irrésistible "Face Of An Angel", et l'intimiste "Bestiaus" qui trouve tout son sens dans la performance habitée de Tommy Alexandersson. Du reste, la setlist est une sélection équilibrée qui puise au sein de chaque chef-d'œuvre de leur discographie : elle est composée des titres les plus accrocheurs de Conundrum ("Tear of a Traitor" et "Carry On"), des pistes les plus caractéristiques de leur esthétique sur Isle of Wisdom ("Advent Of Dawn" et "Stygian Depths") et bien sûr, des morceaux les plus emblématiques d'Excerpts from a Future Past. Déjà très enthousiaste, la foule redouble d'allégresse quand elle reconnaît "Repentance" et "The Astral Seer", et sans surprise, l'explosion de plaisir a lieu quand vient le tour de "Star Rider" au moment du rappel, le public chantant les mélodies et les paroles en chœur, preuve du statut culte de ce titre magistral.

 

L'architecture du concert est bien agencée afin de permettre une montée en puissance, alternant les moments hard-rock, progressifs et les tubes aux sonorités 80s. Le groupe a beaucoup tourné ces derniers temps et maîtrise pleinement l'exercice désormais, là où il se montrait plus timide quelques années auparavant, notamment dans ses interactions avec le public. Aussi, il sait mettre en scène son triomphe et susciter son apothéose en appelant le public à manifester bruyamment sa joie, à applaudir et à hurler de plaisir. 

 

En conclusion d'1h30 de show (rappel compris), le groupe referme la soirée à la manière d'Iron Maiden en jouant l'hymne au nom d'"Hällas", occasion de remonter aux premiers temps de sa carrière - il aurait été judicieux de réserver cette ultime place à "Star Rider" pour finir en beauté, mais ce coup d'œil dans le retro est bienvenu.

 

En quittant la scène après avoir humblement salué la foule, Hällas laisse un public unanimement satisfait mais interrogatif : comment est-il possible qu'un tel groupe ne soit pas plus connu et reconnu ? 

 

Setlist

Above the Continuum (Panorama, 2026)

Tear of a Traitor (Conundrum, 2020)

Repentance (Excerpts from a Future Past, 2017)

The Emissary (Panorama, 2026)

Advent Of Dawn (Isle of Wisdom, 2022)

Bestiaus (Panorama, 2026)

Stygian Depths (Isle of Wisdom, 2022)

Face Of An Angel (Panorama, 2026)

Carry On (Conundrum, 2020)

Rappel 

The Astral Seer (Excerpts from a Future Past, 2017)

Star Rider (Excerpts from a Future Past, 2017)

Hällas (Hällas, 2015)

 

Nous adressons des remerciements chaleureux à Tangui et à Garmonbozia d'avoir accrédité Albumrock pour couvrir cette soirée exceptionnelle.  

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