
Elbow
Cast of Thousands
Produit par
1- Ribcage / 2- Fallen Angel / 3- Fugitive Motel / 4- Snooks (Progress Report) / 5- Switching Off / 6- Not a Job / 7- I've Got Your Number / 8- Buttons and Zips / 9- Crawling with Idiot / 10- Grace Under Pressure / 11- Flying Dream 143


Belle revanche pour Elbow qui voit son premier album, sorti après des années de galère, sélectionné pour le prestigieux Mercury Prize. Publié en août 2003, dans la foulée de ce premier disque remarqué, Cast of Thousands repart sur les mêmes bases avec une pop précieuse et fouillée dotée d’une grande profondeur émotionnelle.
Fidèle à son ADN aventureux, Elbow ne choisit pas la facilité avec un titre d’ouverture tout sauf catchy qui déploie ses atouts progressivement avec une instrumentation qui s'étoffe pour dessiner les contours de la mélodie avec la chaleur des chœurs. Une introduction aux abords un peu hermétiques contrebalancée par l’immédiateté de "Fallen Angel", au fort potentiel radiophonique puis par la magnifique ballade aérienne "Fugitive Motel" et sa mélodie soyeuse. Comme à son habitude, le chant de Guy Garvey possède cette humanité délicate propre à chanter les fragilités ordinaires et les difficultés du quotidien sans jamais sombrer dans le pathos, à l’image du refrain prenant de "Not a job".
Le groupe prend toujours son temps avec la progression rêveuse de "Switching Off" et le tempo lent de "Crawling with Idiot" qui laisse voir tout le travail sur les voix qui s’imprègnent d’une langueur mélancolique. La bande de de Guy Garvey continue également à se démarquer et à brouiller les pistes, que ce soit avec le décalé et percussif "Snooks (Progress Report)", la folk entrainante de "Buttons and Zips" ou encore l’instrumentation feutrée et le groove un peu jazzy de "I've Got Your Number" traversé par une guitare folle.
Le sommet du disque est atteint sur "Grace Under Pressure" avec ses superbes chœurs collectifs enregistrés lors du festival de Glastonbury, qui devient un véritable hymne à la solidarité et à la résistance, gracieux soulèvement de masse scandant "We still believe in love, so fuck you". Une courte conclusion acoustique referme l’album qui, comme son prédécesseur, exigera un droit d’entrée passant nécessairement par une écoute attentive et minutieuse pour en révéler tout charme.
Avec ce second opus, Elbow démontre qu’il ne subit aucunement la pression du mainstream et qu'il a les coudées franches pour imposer ses idées avec panache et ainsi donner vie à cette esthétique pop si particulière, à la fois triste et lumineuse. Loin d'être un accident, Asleep in the Back trouve ainsi avec ce second album une confirmation qui définit le style raffiné du quintette de Manchester et qu'il ne quittera plus pour la suite de sa discographie.


















