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Glass Minds
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1- Broken Bits / 2- Glass Minds / 3- Patterns / 4- Look At Us / 5- When You're This Down / 6- So Far from Losing You / 7- Wake Up Strange / 8- City Walls / 9- The Love the Light / 10- Shine Out Power / 11- Heads Are Gonna Roll / 12- Where I Am


Après un album charnière composé pendant la COVID qui marquait un véritable renouveau créatif pour le groupe malgré quelques longueurs, Archive se recentre avec ce treizième album sur une œuvre plus épurée dans un format d’écoute plus raisonnable.
Reposant sur une dynamique moins anxiogène que Call to Arms & Angels et en opposition à la démesure de ce dernier, Glass Minds propose une approche plus intimiste et minimaliste, évoquant la fragilité de l’existence et des relations humaines. Pour retranscrire cet état de vulnérabilité, le collectif s’est attaché à composer de vastes paysages sonores qui prennent le temps de se déployer au travers de la répétition de motifs mélodiques obsédants. Le premier titre composé par le collectif pour ce nouvel album, "Patterns", est révélateur du caractère atmosphérique et introspectif de cette nouvelle œuvre hantée par une mélancolie à fleur de peau.
Si le titre d’ouverture est un instrumental électro (ce n’était pas arrivé depuis Londinium) qui instaure une ambiance très cinématographique, les titres de ce nouvel opus mettent donc particulièrement en avant la sensibilité de la performance vocale des trois chanteurs Pollard Berrier, Dave Pen et Lisa Mottram. Le timbre singulier et déstabilisant de la chanteuse, qui officiait déjà sur l’album précédent, habille de son envoûtement fragile la pulsation sombre du titre éponyme et se fond à merveille dans le trip-hop très bristolien de "The Love the Light". Plus loin, le collectif compose également un des titres les plus poignants de son répertoire avec le somptueux "City Walls", aérien et délicat, qui permet à Pollard Berrier d’y déverser toute sa tristesse suite au décès de sa mère atteinte de démence (les murs de la ville dont il est question dans le morceau renvoyant à l'idée de se retrouver piégé au sein de son propre esprit).
En opposition à cette approche très sensible et dépouillée, le titre "Look at Us" offre ce qui se rapproche le plus d’un riff sur l’album, avec son tempérament nerveux et dynamique dans le style électro-rock typique du groupe tandis que "When You're This Down" se veut plus accrocheur avec son beat affirmé et son canon popisant. D’autres colorations sont également apportées avec le phrasé rap de Jimmy Collins sur "Hards Will Roll" et la synthpop vintage de "Wake Up Strange". Archive démontre également une nouvelle fois sa grande maîtrise du crescendo, alimenté sur la pièce centrale "So Far From Losing You" par l’ajout de sonorités de cuivres qui dynamitent dans un très beau final les sonorités fantomatiques du début de morceau. On retrouve également ces envolées épiques de cuivres triomphants sur le puissant "Shine Out Power" qui permet cette fois à Dave Pen de se démarquer derrière le micro.
En conclusion, le poignant "Where I am" évoque une influence à la Blackstar de David Bowie, ses effets de cordes majestueuses laissant place à des sonorités dissonantes et industrielles, évoquant une atmosphère à la fois mystique et ténébreuse pour refermer l’album. Moins ambitieux que son prédécesseur, Glass Minds s’avère également plus digeste et cohérent et prouve, après trente ans d’existence, que le renouveau qualitatif engagé avec Call to Arms & Angels n’est pas prêt de s’essouffler.



















