Ranking albums : Iron Maiden
Tout comme Aerosmith, Iron Maiden est un groupe pour lequel mon classement personnel aurait de quoi surprendre plus d'un fan. Alors encore une fois, on s'est attelé à la longue discographie du groupe avec François pour vous proposer un classement un peu plus pondéré, même si on vous a gardé quelques surprises inattendues. Si vous avez de longues heures de trajet à occuper, on vous conseille l'écoute des 6h30 du podcast pour en connaitre tous les détails (player en bas d'article, mais également disponible sur toutes les plateformes).
N°17 : No Prayer for The Dying (1990)

Iron Maiden dans les années 80 c'est une série de 7 albums, tous majeurs dans leur discographie. Mieux, à partir de Piece of Mind, le groupe enchaîne les chefs-d’œuvre tout en repoussant à chaque fois la barre un peu plus haut en terme d'ambition. Comme si la décennie 90 venait marquer une rupture nette, de manière inexpliquée c'est la dégringolade avec No Prayer for the Dying qui est le pire album du groupe. Souhaitant prendre un virage plus hard rock, Bruce Dickinson met du grain dans sa voix, tandis que la musique semble chercher à faire la jonction improbable entre Van Halen et AC/DC. Ce ne sont clairement pas des mauvaises références, le problème réside dans le fait qu’à l’instar de ces derniers, Maiden est un groupe majeur de l’histoire du Metal qui a développé une identité unique et qui a influencé une myriade d’autres groupes, on n’attend donc pas d’eux un ersatz de ces deux groupes.
N°16 : The X Factor (1995)

Malgré toute la sympathie pour Blaze Bayley et l'amour pour le Maiden plus prog qu'ont les deux rédacteurs de ce classement, à la réécoute difficile de classer cet album plus haut. Pris isolément, les titres peuvent paraitre séduisants. Le problème c'est que The X Factor est particulièrement long (71 minutes) et propose une ambiance et des formules de compositions beaucoup trop uniformes qui lassent rapidement. Alors en plein divorce, Steve Harris accouche d'un album sombre et manquant de vigueur. L'effet saisissant produit par les accélérations typiques du groupe se retrouve ici annihilé par un retour systématique au lent. Loin d'être un mauvais chanteur, Bayley parait parfois poussif pour son coup d'essai et pâtit de la comparaison avec son prédécesseur au timbre limpide et aérien.
N°15 : Dance of Death (2003)

A l'image de sa pochette, Dance of Death est surchargé est pas toujours de très bon goût. L’omniprésence des synthés affadit les morceaux tandis que les orchestrations virtuelles sonnent pompeuses. Beaucoup de compositions paraissent inutilement longues au regard du nombre d'idées qu'elles développent. Maiden déroule ses formules et à peu près tout sonne déjà entendu mais en mieux. Les rares moments qui dénotent ne sont pas très heureux, puisque certaines mélodies de refrains lorgnent du côté du post-grunge ou du pop punk alors à la mode ("Age of Innocence", "Wildest Dreams").
N°14 : Senjutsu (2021)

Difficile d'apprécier pleinement le CD 1 gâché par un horrible son de synthé utilisé sur quasiment tous les morceaux ! On y sauve malgré tout l'efficace "The Writing on the Wall". Le CD 2 en revanche suffit à lui tout seul à revaloriser cet album. On y trouve 3 titres prog de plus de 10 minutes dans le plus pur style Maiden et une power ballade qui est une forme qui met toujours particulièrement bien en valeur la magnifique voix de Bruce Dickinson.
N°13 : A Matter of Life and Death (2006)

On retrouve sur A Matter of Life and Death de nombreux défauts qui étaient déjà présents sur Dance of Death : trop d'idées déjà entendues en mieux, de longueurs inutiles, des mélodies de chant qui sonnent pop punk ("Different World"). Mais comme sur Senjutsu, Maiden finit l'album en beauté avec une power ballade et 4 titres prog très réussis. De la première moitié de l'album on retient aussi "The Pilgrim" et son ambiance orientale. En ne gardant que ces 6 titres, on obtiendrait un album dans les standards de la durée vinyle d'excellente facture !
N°12 : The Book of Souls (2015)

On retrouve sur The Book of Souls les travers du Maiden post-2000 : les tics de compositions, les longueurs inutiles, les synthétiseurs qui affadissent le son en doublant les mélodies, Dickinson qui reste trop dans les aigus. Mais contrairement à Dance of Death et A Matter of Life and Death, on a ici des morceaux qui sont immédiatement mémorables. Le titre d'ouverture "If Eternity Should Fail" est très réussi, avec notamment un refrain qui est un véritable hymne. Avec "The Book of Souls", Maiden ajoute un classique épique orientalisant de plus à son répertoire. Quant aux deux titres les plus longs ("The Red and The Black" 13:33 et "Empire of the Clouds" 18:01), ils tentent des choses intéressantes et inédites pour le groupe, montrant une ambition qui manquait aux albums précédents.
N°11 : Brave New World (2000)

Monté en épingle dès sa sortie du fait du retour de Dickinson (mais aussi d'Adrian Smith), Brave New World est en fait la suite logique de The X Factor et Virtual XI plus qu'une rupture ou un retour à l'âge d'or. On y trouve de très bons titres, mais aussi d'autres beaucoup plus dispensables, notamment sur sa deuxième moitié. Séduisant de prime abord, de nombreuses compositions révèlent quelques imperfections à la réécoute : des longueurs dans "Blood Brothers" et "Dream of Mirrors", des sections moins inspirées dans "Ghost of the Navigator", "The Nomad" et "The Thin Line Between Love ande Hate". "Out of the Silent Planet", répétitif et construit sur la suite d'accords la plus utilisée dans les tubes est vite insupportable. Au final ce sont les 4 titres les plus courts qui se révèlent les plus réussis ("The Wicker Man", "The Mercenary", "The Fallen Angel" et surtout l'excellentissime "Brave New World").
N°10 : Virtual XI (1998)

Sur Virtual XI, Maiden parvient à corriger tout ce qu'on pouvait reprocher à The X Factor. Les compositions sont variées et entrainantes. L'album est d'une durée beaucoup plus raisonnable (53 minutes). Blaze Bayley désormais rôdé se montre beaucoup plus à l'aise et convaincant, nous impressionnant même par sa qualité d'interprétation sur les titres "Como estais amigo" et "The Educated Fool". Du début à la fin, les mélodies sont excellentes et les refrains aux textes souvent répétitifs donnent l'envie irrépressible de tout chanter. Certains morceaux sont clairement beaucoup trop longs pour ce qu'ils ont à dire, mais si on se prend au jeu de vouloir les chanter avec eux, pourquoi ne pas faire durer le plaisir ? Rien n'est exceptionnel sur cet album, mais tout est plaisant et c'est un album fun à écouter et sans temps faible.
N°9 : The Final Frontier (2010)

Le temps de The Final Frontier, Maiden délaisse ses nombreux tics de composition pas toujours heureux qu'on retrouve sur leurs albums du XXIème siècle et se met à lorgner vers son glorieux passé. Les synthés sont utilisés beaucoup plus parcimonieusement et l'album sonne tout de suite moins surchargé. Dickinson passe moins de temps dans les aigus et a de la place pour l'interprétation. Les mélodies sont directes et efficaces et les chansons restent aussitôt en tête après écoute. Les morceaux longs sont remplis d'idées et ne donnent pas l'impression de durer inutilement. Les solos de guitare sont mélodiques et le jeu de batterie de Nico McBrain est excellent et bien mis en avant. Seule la durée excessive reste (77 minutes), mais on ne s'en plaindra pas puisque pas une seul titre de l'album n'est mauvais.
N°8 : Fear of the Dark (1992)

S'inscrivant dans la suite logique de No Prayer For the Dying, Fear of the Dark réussit pourtant tout mieux que celui-ci. Le groupe s'influence toujours d'autres ténors du genre, AC/DC notamment, avec Dickinson qui continue à vouloir chanter avec du grain dans la voix, mais les compositions sont cette fois plus réussies. Sur "Be Quick or Be Dead" c'est à Judas Priest que l'on pense. Mais c'est aussi un album où le groupe va développer avec réussite de nouvelles facettes à son univers. "Afraid to Shoot Strangers" est un des meilleurs titres du groupe, regorgeant d'idées et de mélodies toutes aussi géniales et addictives. "Fear of the Dark" est devenu l’archétype de la composition Maiden pour les albums à suivre, ainsi qu'un incontournable en concert.
N°7 : Killers (1981)

Par manque de temps pour écrire de nouvelles chansons, Killers est composé essentiellement de titres que le groupe jouait déjà depuis quelques années mais n'avait pas retenu pour Iron Maiden, ce qui peut expliquer la présence de moments plus faibles. "Murders in the Rue Morgue" démarre par une superbe intro arpégée, évoquant "Children of the Damned" avant l'heure, mais enchaine ensuite sur un punk'n'roll sans grand intérêt. Une catégorie dans laquelle on peut également ranger "Another Life" et "Drifter". Malgré cela, l'excellence est de mise avec un titre instrumental d'ouverture qui fait son petit effet suivi d'un "Wrathchild" aux riffs d'une efficacité redoutable. Bien qu'un peu moins marquant, "Innocent Exile" possède des qualités similaires. Le deuxième instrumental de l'album "Genghis Khan" restitue superbement une chevauchée guerrière des troupes de l'empereur mongol. On retrouve ce talent pour écrire des introductions excellentes avec "Killers" qui débute la face B. "Prodigal Son" dénote avec ses accords de guitare acoustique et fait penser à Rush. "Purgatory" rappelle "Iron Maiden" en beaucoup plus réussi et le premier album du groupe aurait comblé un de ses rares points faibles en inversant ces deux titres.
N°6 : The Number of the Beast (1982)

The Number of the Beast est souvent considéré comme un des meilleurs albums du groupe. La pochette est mythique et on y trouve quatre des titres les plus populaires de toute la carrière de Maiden. Parmi ceux-ci, "Run to the Hills" et "The Number of the Beast" peuvent éventuellement lasser par leur extrême simplicité. A l'opposé, "Hallowed be thy Name" et "Children of the Damned" sont des compositions d'une richesse et d'une sophistication qui en font probablement les deux meilleures du groupe. Sans atteindre de tels sommets, "22 Acacia Avenue" et "The Prisoner" sont également très réussis. Restent deux titres complètement anodins, "Invaders" et "Gangland" qui font que malgré toutes ses qualités, cet album est forcément en dessous d'autres où tous les titres sont excellents.
N°5 : Iron Maiden (1980)

Malgré une production qui laisse à désirer, le premier album d'Iron Maiden a un charme fou. On y trouve déjà de nombreux morceaux marquants, et surtout on est impressionné par la diversité de ceux-ci. "Prowler" et "Running Free" sont simples et efficaces sans pour autant tomber dans la facilité. Les musiciens excellent dans des sortes de power ballades à leur sauce qui ont une ambiance incroyable ("Remember Tomorrow", "Strange World") et parviennent à être passionnants en instrumental ("Transylvania"). Ils font preuve d'une ambition et d'une créativité folle avec "Phantom of the Opera" qui multiplie les idées et les cassure rythmiques à un rythme effréné. Les deux titres finaux sont plus faibles. On retrouve leur talent pour ces ambiances ballade sur le pont de "Charlotte the Harlot", mais le reste de la composition est beaucoup plus ordinaire. Quant au titre "Iron Maiden" qui est systématiquement joué en concert pour la simple raison qu'il porte le nom du groupe, il est d'une pauvreté affligeante que ce soit en terme d'accords, de mélodies ou des paroles.
N°4 : Powerslave (1984)

Sur Powerslave, Iron Maiden a atteint un niveau de maestria tel que tout semble leur réussir, même les mauvaises idées (comme par exemple celle de chanter la même mélodie que les riffs de guitare sur les couplets de "Aces High") ! Les compositions sont extrêmement riches et comportent toutes des pré-refrains, des changements de tonalité lorsqu'elles passent au deuxième solo de guitare et des moments instrumentaux, ce qui est un témoignage assez éloquent du niveau d'inspiration du groupe à l'époque. Les tempos sont élevés et la spécificité de cet album est de jouer sur les contrastes entre des couplets agressifs et des refrains mélodiques, véritables hymnes à chanter à tue-tête. On y trouve deux tubes incontournables en ouverture d'album ("Aces High" et "Two Minutes to Midnight") et deux de leurs titres les plus ambitieux et réussis pour le finir ("Powerslave" et "Rime of the Ancient Mariner"). Un cran en dessous, les trois chansons du milieu restent toutefois d'un très haut niveau. Seul l'instrumental "Losfer Words (Big 'Orra)" marque un léger temps faible sur cet album aussi remarquable musicalement que visuellement.
N°3 : Somewhere in Time (1986)

Maiden accentue le côté hymne de ses refrains en intégrant une influence hard FM et on ne peut s'empêcher de tous les chanter en écoutant cet album. En parallèle de cela les morceaux sont plus longs avec des structures plus complexes. Impossible de mettre en valeur un titre plutôt qu'un autre tellement tous sont des tubes. Difficile de ne pas succomber, à moins d'être allergique aux sons de synthés introduits à partir de cet album et aux mélodies plus FM des refrains.
N°2 : Piece of Mind (1983)

Si Powerslave jouait sur le contraste agressivité/mélodie, Piece of Mind est une déferlante de mélodies rarement égalée jouées à des tempos effrénés. "Where Eagles Dare" ouvre l'album avec une vélocité folle. Côté tubes on retrouve les incontournables "The Trooper" et Flight of Icarus". "To Tame a Land" initie la tradition du long morceau épique final et nous plonge déjà dans un univers à la "Powerslave". Les autres compositions n'ont pas la même aura, pourtant il suffit de se remettre l'album pour réaliser que chacune d'entre elle est excellente et qu'à aucun moment on ne ressent de temps faible sur Piece of Mind.
N°1 : Seventh Son of a Seventh Son (1988)

Seventh Son of a Seventh Son est l’œuvre la plus ambitieuse de Maiden. Souhaitant exprimer son influence rock progressif, le groupe se lance dans un concept album. les compositions sont plus complexes que jamais et sont parfois là pour servir un tout. Nos anglais arrivent malgré tout à faire cohabiter cela avec des tubes aux refrains imparables : "Can I Play With Madness", "The Evil That Men Do" et "Only the Good Die Young". "Seventh Son of a Seventh Son" est un des meilleurs titres épiques de Maiden et même les titres les moins connus de cet album sont de véritables bijoux.







