Ranking albums : Faith No More
C'est avec Maxime L qu'on a classé la discographie de Faith No More. Bien qu'on n'ait eu aucun désaccord majeur, il nous a été difficile de départager leurs 4 meilleurs albums, tellement le groupe à son sommet était bon. On vous conseille l'écoute du podcast pour connaitre nos avis plus détaillés sur chaque album (player en bas d'article, mais également disponible sur toutes les plateformes).
N°7 : We Care a Lot (1985)

Ce qu'on apprécie, c'est que dès 1985 et avec un autre chanteur, le son Faith No More est déjà là : rythmique basse batterie aussi puissante que groovy, et contraste saisissant entre des guitares thrash metal et des synthés aériens. Ceci étant dit, les compositions sont très pauvres (certaines tournent sur 2 accords) et la production laisse sérieusement à désirer. Encore plus handicapant : leur premier chanteur Chuck Mosley est une vrai catastrophe avec son chant on ne peut plus faux et sa diction d'ivrogne. Malgré tous ces défauts on décèle tout de même du potentiel sur des compositions comme "We Care a Lot", "Why Do You Bother", "Arabian Disco" et "Pills for Breakfast".
N°6 : Sol Invictus (2015)

Le retour après 18 années de silence discographique était attendu. Les singles qui ont précédé la sortie étaient prometteurs ("Motherfucker" et "Superhero"). La découverte de l'album aura fait l'effet d'un pétard mouillé. Les compositions manquent d'ambition. La production laisse à désirer. Patton passe son temps au plus bas de son registre ce qui n'est clairement pas ce qui lui va le mieux. Pire, il sonne comme un mauvais imitateur de lui-même sur certaines chansons ("Rise of the Fall", "Black Friday") ! Une majorité de morceaux aux tempos lents ou moyens, une ambiance plombante permanente et un mauvais agencement des titres font qu'on peine à rentrer dans l'album. Au final, en prenant le temps de faire le tri, la moitié des morceaux valent le coup. Pour cette avant dernière place, on a hésité avec Introduce Yourself, mais on a décidé d'accorder plus de crédit à un groupe qui progressait malgré un chanteur désastreux à un groupe dont on connaît le potentiel qui a bâclé le travail.
N°5 : Introduce Yourself (1987)

La production et la diversité des influences ont fait un véritable bon en avant depuis le premier album. On commence à déceler des sonorités Funk Metal, notamment avec Billy Gould qui slappe et Chuck Mosley qui décide de rapper très souvent, ce qui permet de régler en partie son incapacité à chanter juste. Les apports à la guitare et aux synthés se sont enrichis et diversifiés. Sur les 10 composition que comporte cet album, on est plutôt convaincu par 7 d'entre elles et on peut s'empêcher de penser qu'avec Mike Patton au chant on aurait un pendant convainquant de The Real Thing. En réalité l'album reste faible en raison de la présence de Mosley qui est toujours aussi catastrophique dès qu'il ne rappe pas et la présence de 3 titres particulièrement mauvais en fin d'album.
N°4 : Album of the Year (1997)

Parfois oublié parce que sorti à une époque où le succès commercial du groupe déclinait, Album of the Year fait pourtant partie des 4 chefs d’œuvre du groupe qu'on n'avait pas envie de départager tellement chacun s'avère remarquable dans des styles différents. Ici, les claviers de Roddy Bottum sont particulièrement mis en avant avec notamment des sonorité trip-hop et une ambiance très cinématographique. Son côté plus posé en fait un disque sur lequel on revient volontiers année après année quand le côté foutraque de certains autres les rend moins avenants. Les mélodies sont marquantes et on ne peut s'empêcher de les chanter. Les 3 singles ("Stripsearch", "Ashes to Ashes" et "Last Cup of Sorrow") sont à retenir parmi les meilleures chansons du groupe. Sans atteindre le même niveau d'évidence, tous les autres titres de l'album sont excellents et nous ont interpelés pour une raison ou une autre.
N°3 : Angel Dust (1992)

Sommet commercial du groupe en Europe, considéré comme ce qu'il a fait de mieux par beaucoup de fans, Angel Dust est le premier album sur lequel Mike Patton a pu participer au processus créatif. Il en résulte une œuvre foutraque qui repose énormément sur les délires vocaux de ce dernier et sa capacité à passer par toutes les voix, parfois en une seule chanson. On y perd l'immédiateté et le côté tubesque qui pouvait exister sur The Real Thing, même si celui-ci persiste sur certains titres aux refrains imparables ("Midlife Crisis", "Be Agressive", "Everything's Ruined", "A Small Victory"). Mais dans ce registre plus expérimental, les capacités vocales de Patton et la variété des styles abordés impressionne. Le seul bémol qu'on peut émettre est la durée un peu trop longue et surtout l'idée peu judicieuse de terminer par deux reprises chill certes très réussies, mais qui font double emploi.
N°2 : The Real Thing (1989)

C'est avec cet album et l'arrivée de Mike Patton au chant que Faith No More explose auprès du grand public. L'univers est assez uniforme mais fonctionne tellement bien qu'on ne zappe aucun morceau et qu'on chante tout tellement les mélodies sont addictives. On ne compte pas le nombre de groupes qui doivent leur carrière à cet album. Après trois chansons d'une efficacité folle, l'intensité monte d'un cran avec la sauvagerie de "Surprise! You're Dead!" et les crescendos progressifs savamment orchestrés de "Zombie Eaters" et "The Real Thing". Après avoir atteint de tels sommets, les titres restants peuvent sembler moins forts, mais la sensation est toute relative et le plaisir reste intact sur "Underwater Love" et "The Morning After", ou dans des registres plus variés, que ce soit en instrumental ("Woodpecker From Mars"), pour une reprise de Black Sabbath magnifiée par sa puissance ("War Pigs"), ou encore pour une ballade jazzy-lounge ("Edge of the World").
N°1 : King for a Day... Fool for a Lifetime (1995)

King for a Day... Fool for a Lifetime représente l'équilibre parfait entre le visage foutraque et expérimental d'Angel Dust et la capacité du groupe à être incroyablement catchy et mélodique. L'album est construit sur une alternance systématique d'ambiance. Après un ou deux titres bourrins où Patton passe par toutes les voix/cris possibles et imaginables succède une composition hyper classe où il croone. Tous les styles sont abordés avec autant de réussite : soul, jazz swing, bossa nova, country, gospel. Parmi les morceaux heavy, nombreux sont ceux qui ont des refrains imparables (on pense notamment à "Ricochet", "Digging the Grave" et "The Last to Know"). Le paroxysme de cet album dichotomique est atteint sur le morceau éponyme qui prend le temps de se développer en multipliant les ambiances pendant près de 7 minutes. On ne zappe aucun titre tellement le tout est homogène et parfaitement agencé. La production et le mix impeccable d'Andy Wallace fournit au groupe le son le plus énorme qu'il ait jamais eu et ajoute le vernis final donnant un argument supplémentaire pour choisir King for a Day... Fool for a Lifetime comme sommet de leur carrière.







