The Bellrays
Salle : La Ferme d'En Haut (Villeneuve d’Ascq)
Première partie : Shiko Shiko, Hub
Toutes les images affluent rapidement, dans une sorte de gigantesque zapping, matraquage de photos chocs, de mots et d’expressions sans concessions. Parfois, un changement de rythme permet au spectateur de respirer un peu. Mais c’est pour mieux l’asphyxier quelques instants plus tard, avec un rythme proche de la musique trance, sous fond d’images de jeux vidéos, mélangeant le noir et blanc, la couleur et d’autres images extraites d’internet. Usant et abusant des retours en arrière, Hub tente de mixer des films sur la jeunesse hitlérienne, des reportages sur les pygmées, sur l’armée et sur des êtres humains aux corps bodybuildés. Lorsque la mélodie se fait un peu plus lente, le son techno d’Hub reste oppressant. Il aime également repasser des extraits de Jackie Brown et les fameux spots pour les armes tournés à l’aide d’actrices en maillot de bain. Chacun reste hypnotisé par ce déferlement d’images glauques évoquant le fascisme, l’endoctrinement et l’autorité. La musique et les messages tournent un peu en rond et finalement quelques spectateurs me suivent et préfèrent quitter la salle. C’est peut-être à quoi voulait nous pousser Hub, nous entrainer à savoir dire non.
Il enchaine sur un autre titre au voice encoder. Puis, miracle, le public accroche enfin, tandis que des images des premiers pas sur la lune défilent, enchainées avec des visions de la galaxie et des étoiles. Après deux autres titres, Shiko Shiko termine avec un petit tour au milieu de la salle, en déplaçant la batterie au plus près des spectateurs. Ce dernier morceau, faisant la part belle aux rythmes tribaux, rencontre tout de même l’adhésion du public médusé. Parions que Shiko Shiko connaitra un succès plus franc lors de la soirée du 16 décembre à l’Aéronef de Lille pour les auditions découvertes du Printemps de Bourges.
Fermant les yeux quasiment en permanence, elle chantera la totalité de leur nouvel album Black lightning sorti en novembre. Passant d’un morceau groove "Sun comes down" où elle nous ramène à l’époque de Shaft à des titres rock plus classique "Anymore" ou "Power to burn", Lisa prouve qu’elle est une chanteuse hors paire. Le groupe s’avère être très professionnel sur scène, avec une batterie rapide et carrée et des guitares dignes d’AC/DC ou encore de ZZ Top. Parfois, on pense aussi aux compositions Rhythm and Blues de Tina Turner époque Ike, avec les chœurs du titre "The Way". Pendant "Everybody get up" et le premier couplet "Are you ready to make noise ?", Lisa descend au sein de la petite assistance et chante près des spectateurs, mais sans grande conviction. Il faut avouer qu’elle assure le show tout le long du set avec une pêche formidable, malgré une audience qu’on n’a même plus envie de ranimer. Elle se déchaine en rythme et fait le spectacle, dans une petite robe noire moulante col V et des magnifiques bottes rouges. Jouant aussi du tambourin, elle chantera souvent aux côtés de son guitariste Bob Vennum. Telle une pile Duracell qui dure, qui dure, The Bellrays offrira quatre rappels encore plus dynamiques que le reste du concert. Adepte des fausses fins de morceaux, jouant avec les nerfs du public, le groupe terminera enfin son concert par un dernier titre dans une joyeuse cacophonie.






