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Critique d'album

Grand Funk Railroad


Born to Die


(00/01/1976 - Capitol - Hard Rock, blues rock - Genre : Rock)
Produit par Jimmy Lenner

1- Born To Die / 2- Dues / 3- Sally / 4- I Fell For Your Love / 5- Talk To The People / 6- Take Me / 7- Genevieve / 8- Love Is Dyin' / 9- Politician / 10- Good Things
Note de 5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Dead Soul"
François, le 06/06/2026
( mots)

Malgré le rythme démentiel qui conduit Grand Funk Railroad à sortir deux albums coup sur coup en 1974, soit Shinin’ On puis All the Girls in the World Beware!!!, cette année marque un affaissement dans la carrière du groupe : hélas, relever la productivité effrénée n’empêche pas de faire le terrible constat d’une baisse d’inspiration et forcément de qualité menant le groupe vers une musique plus aseptisée, le futur AOR – tel que le rock grand public n’est pas encore surnommé.


Peut-être que les musiciens en avaient un peu conscience, puisque 1975 fut une année vierge et silencieuse… Sauf qu’à nouveau, les bacs se remplissent de galettes du quatuor en 1976 qui voit deux albums paraître dont le testamentaire Born to Die – les membres du groupe sont alignés dans des cercueils, à l’image du gang des Dalton à l’issue de leur dernier fait d’arme à la banque de Coffeyville (Kansas).


Evidemment, le seul braquage effectué par Grand Funk Railroad est celui de la soul, immédiatement réinvestie sur le terrain rock avec "Born to Die", tantôt énergique, tantôt cotonneux, dans une approche qui tient plus de Détroit que de Flint. En effet, la Motown hante toujours leur musique et résonne plus encore sur le groove imparable de "Dues", où les lignes de chant délicieuses et la guitare tranchante communient remarquablement. Plus classiquement hard-rock, "Love Is Dyin'" retrouve la couleur habituelle de Grank Funk, avec de belles lignes et de bons chorus de guitare, tandis qu’on se laisse séduire par un titre funky à slogan - "Politician" - certes sans grande surprise. L’instrumental "Genevieve" (quel titre !) s’aventure sur le terrain du jazz-rock avec des élans de soul et de rock virtuose, croisant Herbie Hancock et Deep Purple avec brio.


Comme souvent avec les albums de Grand Funk Railroad, il faut faire son marché et mettre de côté quelques morceaux moins convaincants : le soft-rock assez insupportable de "Sally", les ondes plus anecdotiques de "I Fell for Your Love" ou de "Talk to the People", les vibrations inoffensives de l’Amérique profonde sur "Good Things", ou la volonté d’agiter les stades sur "Take Me". Mais pris dans l’ensemble de l’album, ils sont loin d’être dérangeants car plus simplement sans relief.


Le premier album de Grand Funk Railroad sorti en 1976 est donc de bien belle facture, mais il pave la voie à une collaboration étonnante sur Good Singin', Good Playin' sur lequel nul autre que Frank Zappa viendra à la rescousse du groupe.


À écouter : "Born to Die", "Dues", "Genevieve", "Love Is Dyin'"

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